PREDRAG PASIC(Bosnie):
International Yougoslave fraîchement retraité, Pasic a décidé de rester dans sa ville de Sarajevo, au moment où la guerre a enflammé la Bosnie. Malgré le siège et les bombardements, il a créé Bubamara, une école de football accueillant plus de 600 enfants de toutes origines et religions. Tout au long du conflit, l’action de Bubamara a été un symbole de la résistance à la guerre civile qui a ravagé l’ancienne Yougoslavie.

Le contexte politique

 

Predrag Pasic est né à Sarajevo en pleine période Tito. D’origine serbe, ce footballeur professionnel se fait un nom dans l’équipe locale de la capitale bosniaque, FK Sarajevo, où il croise la route de Radovan Karadzic, psychologue du club, avant de participer à la coupe du Monde 82 avec l’équipe nationale yougoslave. Après deux saisons à Stuttgart, Pasic prend sa retraite de footballeur professionnel et rentre en Bosnie. Quelques mois plus tard, la guerre frappe la Bosnie et les troupes de Karadzic assiègent la ville. Pasic, le Serbe, ne cède pas à la dérive nationaliste. Il reste dans la ville et lance les fondations d’une école de football pour les jeunes de Sarajevo: Bubamara (coccinelle).

Radovan Karadzic, le chef des Serbes de Bosnie, annonce à la radio « demain, Sarajevo sera rasée. Il y aura 500 000 morts… ».

Predrag Pasic « Pendant la guerre, on m’avait proposé de partir un peu partout. On m’a même proposé de partir à Stuttgart pour m’aider et sauver ma famille. Mais je n’aurais jamais pu me sentir bien, dehors, sachant qu’à Sarajevo, la guerre continuait. Je ne pouvais pas vivre ailleurs. ».

 

L’action de Pasic

 

Sous les bombardements, il réquisitionne la patinoire olympique de la ville et permet à des dizaines de jeunes enfants, musulmans, croates et serbes d’oublier la guerre en jouant au foot.

 

« Après s’être habitué à la survie dans une ville en guerre, je me suis dit que je devais faire quelque chose pour ma ville. Je me suis dis que je pourrais faire quelque chose pour les enfants qui étaient les plus en danger. Résister, oui, mais comment ? Et bien, en jouant au foot. Ça parait ridicule mais il faut se rendre compte que les enfants à l’époque étaient les plus en danger. Je me devais donc de les occuper et c’est alors que j’ai proposé d’ouvrir une école de foot dans Sarajevo assiégé. Predrag Pasic