RACHID MEKHLOUFI(Algérie/France):
International français, il a abandonné Saint-Etienne et ses espoirs de disputer la coupe du Monde 1958, pour rejoindre clandestinement huit de ses compatriotes et fonder l’équipe du FLN.
Une équipe qui deviendra le symbole de la nouvelle Algérie, jusqu’à son indépendance en 1962.

le contexte politique

 

« La tendance des politiques en France, c’était de dire en Algérie, il y a une bande de terroristes… Bon voilà. Le mot de guerre n’était pas prononcé. La guerre d’indépendance n’était pas prononcée. Avec eux, elle a été… Elle a sauté aux visages de millions de gens, en France en tout cas »Michel Nait Challal

 

Entre 1954 à 1962, c’est la guerre sur le territoire des départements français d’Algérie, avec également des répercussions en France métropolitaine. Elle oppose l’État français à des indépendantistes algériens, principalement réunis sous la bannière du Front de libération nationale (FLN). Le conflit débouche, après les Accords d’Évian du 18 mars 1962, sur l’indépendance de l’Algérie, le 5 juillet de la même année, et entraîne l’exode de la population des Européens d’Algérie, dit Pieds-Noirs ainsi que le massacre de plusieurs dizaines de milliers de musulmans pro-français.

 

L’action de Mekloufi

 

L’hôpital de Saint‐Etienne en pleine nuit. Trois hommes en sortent sans un bruit, l’un d’entre eux porte encore un bandage sur la tête. Ils s’engouffrent dans une voiture, une Aronde, qui passe devant le stade Geoffroy‐Guichard, dont la masse imposante est tapie dans l’ombre, et prend la route vers la Suisse. Nous sommes le 14 avril 1958.

Et Rachid Mekloufi, joueur de l’AS Saint‐Etienne et de l’Equipe de France, star du football francais, vient de prendre le plus grand tournant de sa vie.

 

Les deux hommes qui l’accompagnent sont des membres du FLN, le Front de Libération Nationale algérien. Ils lui ont proposé, comme à dix de ses camarades, tous footballeurs professionnels nés en Algérie et jouant dans les grands clubs de métropole, de rejoindre la cause de l’indépendance. Ils s’enfuient tous vers Tunis pour former la nouvelle équipe nationale d’une Algérie qui n’existe pas encore. Un acte politique insensé. Un coup de propagande génial. Mekloufi a dit oui. Et il a disparu comme un clandestin. Comme un déserteur, même, puisque, cette année là, il effectue son service militaire de citoyen francais.

 

Au‐delà des moments forts, l’épopée de l’équipe du FLN, c’est aussi et surtout cela. Une histoire d’attente et d’engagement sans certitude de résultats. Une histoire de temps qui passe très lentement.